CLARA WIECK SCHUMANN
Vie, musique et passions dans le thème natal d’une grande pianiste

2ème partie

Par Maria Grazia La Rosa

Traduction Mireille Petit

 

ROBERT SCHUMANN

Robert Schumann est né à Zwichau, dans la région de Saxe le 8 juin 1810 à 21h10.

C’est le dernier des six enfants d’August et Johanne Schnabel qui désiraient ardemment avoir un enfant, car ils avaient perdu leur fille quelques jours après sa naissance. Les autres enfants sont des garçons (Edouard, Carl et Julius) et une autre fille (Emilie).

Le père monte une maison d’édition en collaboration avec son frère, avec une librairie annexe, et après un certain temps, il publie une collection classique en livre de poche qui devient une référence dans la vie culturelle du pays.

A sept ans Schumann est inscrit dans l’école privée d’un archidiacre et il commence à étudier la musique. A neuf ans, il aura la révélation fulgurante de son destin musical, alors qu’il écoutait le célèbre pianiste Ignaz Moscheles en compagnie de son père, et il en est tellement impressionné qu’il décide de devenir lui aussi concertiste.

En 1820, il entre au lycée et fait preuve d’un talent musical particulier, à tel point que son père demande à Weber, qui était très occupé, de lui donner des cours, mais ce dernier refuse.

En 1825, sa sœur Emilie décède. Elle souffrait d’une étrange maladie qui lui provoquait des crises violentes de prurit et des accès de « folie douce » au point de se suicider en se jetant dans un fleuve.

L’année suivante son père décède également et Schumann qui l’aimait beaucoup est profondément perturbé par ce deuil et celui de sa soeur ; il essaie de se consoler en s’éloignant de sa ville natale. Il voyage et se rend dans différentes villes d’Allemagne et après avoir obtenu son diplôme s’inscrit à l’Université de Leipzig et quitte pour toujours son pays natal. Son père lui laisse une rente de 200 thalers par an à condition qu’il suive les cours universitaires et une somme de 100 thalers pour passer les examens. L’avenir de Schumann est donc couvert, mais la musique n’était pas prévue. A Leipzig, il s’inscrit à la faculté de Droit et il habite dans la maison du couple Carus qui l’introduit dans le milieu musical et c’est là qu’il connaît le père de Clara, Friedrich Wieck, réputé pour être un éminent enseignant de piano.

Il suit très superficiellement les cours universitaires et la musique devient désormais sa seule raison d’être. Il va aux concerts de Leipzig et surtout devient l’élève de Wieck, même si c’est de manière occasionnelle. Il suspend ses études de Droit en 1829 et se transfère à Heidelberg pour partir ensuite en Italie.

En 1830 il écoute Paganini à Francfort et cette expérience l’incite à se consacrer complètement à la musique et à abandonner ses études de Droit, s’opposant ainsi à la volonté de sa mère. Il déménage et va habiter chez Wieck pour suivre des cours réguliers de piano. Clara a seulement 11 ans et semble déjà promise à une grande carrière de concertiste.

En 1832, à cause de certains exercices techniques, Schumann enveloppe avec une bande l’annulaire de la main droite pendant une longue période, il voulait ainsi le maintenir soulevé mais le résultat est catastrophique car une fois libéré, le doigt est semi-paralysé à vie malgré les soins.

A propos de cette paralysie, les versions sont multiples. La fille de Schumann, Eugénie, confirme cette thèse qui contredit les autres, y compris celle de Clara qui affirme que le doigt en question est le medium et même peut-être l’index. De toute manière, la carrière du pianiste est définitivement compromise et il ne lui reste que la composition.

En 1833, après la mort de son frère et de sa belle-sœur, Schumann tombe dans une profonde crise dépressive qui engendre par la suite une phobie des étages et celle des objets tranchants qui risquent de déclencher des tentations mortifères.

Après avoir surmonté la crise, il décide de fonder une nouvelle revue confiée à des musiciens compétents et sensibles aux nouveautés du milieu musical. Wieck, Mendelssohn et Wagner adhèrent à ce projet et en 1834, la « Nouvelle revue musicale de Leipzig » est créée sous la direction de Schumann qui utilise les pseudonymes Florestano et Eusebo. Durant cette période, Schumann commence à composer des morceaux pour piano extraordinaires qui suscitent les éloges de critiques raffinés, mais difficilement compris par le public. A Paris, Chopin ridiculise sa musique, Mendelssohn n’apprécie pas ses compositions et même Liszt, qui essaie de jouer sa musique en publique n’obtient aucun succès. Clara insiste et recommence à introduire ses compositions au cours de ses concerts, et à Leipzig, elle joue la sonate Op.11 qui lui a dédiée. A cette occasion Liszt fait une bonne critique de cette œuvre et d’une autre composition sur la Revue Musicale de Paris.

Après quelques années d’amours éphémères, Schumann est conquis par le charme de la jeune Clara. Comme nous avons vu, cet amour a été empêché avec obstination par le père, qui rêvait pour sa fille d’une carrière de concertiste, libre d’engagements sentimentaux.

Robert a eu la chance de connaître Clara, l’unique personne capable de le comprendre et de stimuler son génie, mais aussi une femme assez forte pour soutenir un équilibre psychologique fragile.

Entre 1834 et 1844, Schumann travaille beaucoup. Il s’occupe de sa revue, écrit des essais et compose en suivant son épouse dans ses tournées. Il fréquente toute l’intelligentzia musicale et littéraire de la ville, et obtient un succès croissant qui culmine en 1843 avec une reconnaissance officielle comme enseignant de piano, de composition et lecture de la partition au Conservatoire de Leipzig. Avant le mariage, en onze ans et demi, Schumann compose une quarantaine de morceaux, et en treize ans et demi de vie matrimoniale il en compose cent-dix.

En 1845 Schumann cède la direction de la revue et décide de quitter Leipzig pour aller avec sa famille à Dresde où il tombe malade. Il est très déprimé et en traitement chez un psychiatre et un hypnotiseur.

En 1849, comme nous avons déjà dit, il accepte la direction de l’orchestre de Düsseldorf, sollicité par Clara qui voit dans cet engagement une possibilité de sauvegarde pour son mari.

A Düsseldorf, où réside la famille Schumann à partir de 1850, Robert profite au début d’un certain succès mais au moment du renouvellement du contrat, le Conseil directif considère qu’il est relevé de sa charge car il n’est pas  « un bon directeur d’orchestre, n’a pas l’autorité et le charisme, ne possède pas une expérience suffisante, ayant jusqu’alors dirigé occasionnellement et seulement sa musique ».

Par ailleurs, des disputes explosent avec les musiciens, le public, les critiques et les autorités. Tout ceci précipite Schumann dans une très grande crise dépressive, accompagnée d’un nouvel intérêt pour le spiritisme. Il occupe une grande partie du temps à interroger les entités évoquées durant les nombreuses séances où il entraîne également ses enfants. Il commence à avoir des hallucinations : il entend de la musique, voit parfois des personnages diaboliques, sous forme de tigres, de hyènes qui le menacent ou des anges qui lui viennent en aide pour le consoler. Enfin comme nous avons déjà écrit, le 29 juillet 1856 il meurt dans l’asile de Endenich et Clara ne le verra plus jusqu’au jour de sa mort après deux ans d’internement.

A propos de la maladie mentale de Schumann et de son évolution nous n’avons que des renseignements très restreints. Déjà durant son enfance, il avait tenté le suicide en se jetant d’un édifice ; à partir de ce jour il vivra toujours au rez-de-chaussée, peut-être par peur d’une tentative de suicide improviste. Il craint d’être empoisonné et vit toujours avec la peur de la mort. Schumann sublime les symptômes de sa maladie mentale dans un travail acharné. Son humeur était tout à fait cyclique et il passait de la dépression à un état de grande euphorie et créativité. Le rapport médical officiel qui décrit minutieusement la maladie durant l’internement de Schumann, a été perdu probablement sur demande expresse de la famille.

Une autopsie a été faite sur le corps de Schumann. Son cerveau fut analysé au microscope et à l’œil nu mais on ne trouva aucune lésion organique. L’origine de la folie de Schumann suscitera à l’époque de nombreuses discussions pendant longtemps. On a émis l’hypothèse de la siphylis, vu que l’on a retrouvé des traces de mercure dans un échantillon de ses cheveux, un produit que l’on utilisait pour soigner cette maladie. Comme autre cause de sa maladie, on a pensé à la schizophrénie, en se basant sur les signatures de ses compte-rendu musicaux , Florestano et Eusebio témoignent peut-être d’une dissociation de la personnalité.

Enfin il avait également d’autres problèmes physiques. Il était obèse et probablement hypertendu. C’était un grand buveur d’alcool qui fumait et buvait beaucoup de café et tout ceci a contribué à la déchéance mentale et physique en plus du mercure.

Un homme d’introspection, idéaliste, spirituellement et intimement aux thèmes littéraires de l’époque, Schumann était un être d’une sensibilité raffinée, mais pourvu d’une ambition et motivations paradoxales. Parfois il créait sa musique avec une productivité tellement exigeante qu’il en était psychologiquement et physiquement épuisé. Malgré les problèmes de santé physique et mentale, il a obtenu après sa mort la reconnaissance de sa musique, une reconnaissance tant désirée de son vivant.

Avec Robert Schumann le romantisme est à son apogée et chacun de ses aspects se reflète dans sa personnalité.


THEME NATAL

 

 


Soleil en Gémeaux, Ascendant Capricorne et Lune en Vierge

Dans le thème natal, l’on remarque un élément Eau dominant (Mercure, Vénus, Uranus, Pluton) et 6 planètes en signes mutables (Soleil, Lune, Mars, Saturne, Neptune).

Mercure et la Lune sont en réception mutuelle. Le Soleil en Gémeaux valorise Mercure qui est angulaire. Voici donc un personnage très mobile, peut-être trop, avec un fond d’instabilité et une sensibilité excessive.

Le modèle planétaire est le sablier, ce qui implique adaptation mais aussi instabilité. C’est comme pour Clara un modèle particulier qui renferme un carré en T, représenté par le Soleil conjoint à Mars opposé à Saturne conjoint à Neptune et tous les quatre au carré de Pluton qui la planète Apex du carré.

La dualité est dominante dans son esprit. Tout jeune, il est prédisposé à la musique mais aussi à la littérature, il n’arrive pas à choisir ; un problème typique du sablier.

Le Soleil est conjoint à Mars en maison VI. Schumann désire servir, se rendre utile : il fera beaucoup pour la musique et pour que ses collègues aient une reconnaissance. Pendant dix ans il dédiera une grande partie de son temps à la revue qui attire un jeune public. La conjonction avec Mars lui donne une forte réactivité, une tendance à polémiquer, un égocentrisme important et l’ambition pour obtenir la reconnaissance de ses mérites, mais l’opposition avec Saturne et Neptune le confronte à la frustration de n’être pas suffisamment compris et apprécié, créant ainsi une forte crise identitaire.

Par ailleurs, le carré du Soleil à Pluton accentue une forte volonté qui sera utilisée de manière destructrice et autodestructrice.

En outre, Pluton comme planète Apex du carré en T, exaspère les conflits internes au point de le rendre esclave d’obsessions, en proie de forces obscures. C’était tout à fait l’âme de Schumann, incapable de se libérer de ses démons internes. Néanmoins, c’était un tendre mari et un excellent père de famille : Jupiter en maison IV promet le bonheur dans son propre foyer et Vénus en Cancer en maison VII est l’une des positions les plus heureuses pour le mariage. Nous savons, en effet, combien il a aimé Clara et avec quelle tendresse !

En outre, la maison VII abrite la Lune Noire qui indique un point faible, la peur de ne pas être accepté et la trop forte préoccupation de donner une bonne image pour gagner l’estime des autres. Schumann ne s’est pas senti apprécié durant sa vie et ceci a été l’un de ses plus grands soucis. Après sa mort, sa musique a suscité un intérêt international. Le concert en la mineur pour piano devint populaire et d’autres compositions commencèrent à entrer dans le répertoire (Lune en Vierge en maison VIII).

A travers son thème l’on perçoit une personnalité tourmentée, double, obsédée mais aussi une nature tendre et affectueuse et il s’auto décrit ainsi : « doux, renfermé, hypocondriaque, de bonne humeur, génial, sociable, d’une noblesse de principes et d’idéaux, sensitif, émotif, enthousiaste, d’un cœur tendre ».



THEME COMPOSITE


 

Dans le cas de Clara et Robert, il me semble plus pertinent de monter le thème composite de la relation qui a été fondamentale et décisive dans la vie de Clara. En effet, par rapport à la synastrie, qui est par ailleurs tout aussi importante, le composite permet de cerner immédiatement les vraies motivations de la relation, sa manière d’être effective, ses points faibles et ses forces.

L’analyse du thème indique un Ascendant Bélier. Chaque partenaire acquiert une force dans la relation et l’impression qui domine est celle d’un couple plein d’énergie et très compétitif ; les discussions ont certainement été nombreuses (Mars, gouverneur de l’Ascendant en maison III, carré à Jupiter et à Pluton). La motivation principale de cette relation pourrait être, dans ce cas, une recherche d’affirmation et une forte ambition professionnelle (MC en Capricorne).

L’amas en maison V en Lion (Soleil, Lune, Mercure, et Vénus) nous interpelle. L’énergie qui alimente la relation est une communion de force créative, d’ambition, d’amour filial. Mais la dure opposition de Saturne en maison XI induit à penser que le couple vivait également une profonde frustration, d’une part pour les projets non réalisés et d’autre part à cause de limitations réciproques (Robert souffrait parce qu’il voulait plus de reconnaissance, celle que Clara obtenait et Clara de son côté souffrait de ne pouvoir s’exercer davantage au piano). D’ailleurs, Robert ne voulait pas que Clara se déplace en tournées et elle se limitait, à cause de ses grossesses et pour lui faire plaisir.

Malgré tout, la conjonction Lune/Vénus au trigone de Neptune confirme que ce fut un grand amour romantique et peut-être trop idéalisé mais qui les a stimulé tous les deux à exprimer une grande créativité.

Par la maison VII en Balance nous voyons que le couple tendait à se présenter comme une unité qui se complète réciproquement. Mais cette maison abrite Uranus qui est un point de Thalès ( voir Ière partie) et qui subit l’opposition entre l’amas et Saturne. Nous avons constaté que le couple subit un bouleversement affectif et financier (Uranus est également sur la cuspide de la maison VIII).

Par la maison IV occupée par la Lune Noire et le Nœud Nord nous constatons que la fin de la relation a été triste et bouleversante.

 


JOHANNES BRAHMS

Johannes Brahms naît à Hambourg le 7 mai 1833 à 3h3O. Il est le second de trois fils d’une famille modeste. Son père est un musicien de bals populaires qui joue différents instruments et qui obtient un poste de contrebassiste à l’opéra de Hambourg. Sa mère est couturière.

Brahms démontre un talent musical précoce et il est attiré par tous les instruments ; il commence à étudier le piano à sept ans et semble destiné à une carrière de concertiste, mais il étudie également le cor et le violoncelle. Il donne son premier concert en 1843 à 10 ans et déjà à l’âge de 13 ans contribue au budget familial en jouant, comme son père, dans les boîtes de nuit et même les maisons closes du port où les femmes et les marins le traitent comme un jouet. A partir de cette époque, il aura une difficulté de rapport avec les femmes et une aversion pour le mariage.

En 1853, à vingt ans, Brahms fait certaines rencontres qui marquent fortement sa vie. Durant une tournée de concerts avec le violoniste hongrois Eduard Remenyi, il est présenté au grand violoniste Joseph Joachim avec lequel il commence une longue et fructueuse collaboration ; mais il l’introduit surtout dans la famille Schumann. Brahms est un grand admirateur de Schumann, et déjà en 1850, quand le couple Schumann faisait des concerts à Hambourg, ce jeune homme de 17 ans laisse au portier une enveloppe contenant des compositions signée avec le pseudonyme Johann Kreisler junior, dans le but d’obtenir un avis sur la qualité. Mais Robert Schumann ne répond pas.

Désirant passer une période de tranquillité pour étudier, Brahms décide d’aller à Göttingen, hébergé par son ami Joachim qui, en cachette donne rendez-vous à Robert Schumann, près de Düsseldorf. Le 30 septembre, Brahms parcourt à pied la route qui mène à Düsseldorf et se présente à la famille Schumann. Il est reçu avec cordialité et sans faire trop de manière est convié à se mettre au piano. Il joue la Sonate en Do majeur et Schumann très ému appelle son épouse Clara. Brahms rejoue la sonate devant elle et les autres morceaux qu’il avait préparés au milieu d’exclamations de joie et de surprise de la part du couple littéralement extasié.

C’est durant ce moment magique que naît un sentiment très profond entre les trois artistes et une entente intellectuelle qui les unira pour toute la vie et qui sera décisive pour leur carrière artistique. A partir de ce moment Schumann décide d’héberger Brahms chez lui et il le présente à un cercle d’amis. Il l’aidera beaucoup pour qu’il puisse s’affirmer dans le monde de l’art.

Le 28 octobre de cette année fatidique 1853, Schumann recommence à écrire dans la revue qu’il avait fondée et abandonnée après dix ans d’absence, pour présenter au monde le « musicien du futur ». Mais quelques semaines plus tard et après avoir encensé Brahms dans la revue, Schumann fait une tentative de suicide et comme nous l’avons dit est interné à l’asile. Durant les années d’internement Brahms sera très proche de Clara qui a besoin de son soutien moral au point d’en tomber amoureux.

Les sentiments de Brahms pour Clara qui avait 14 ans de plus que lui, ont fait l’objet d’enquêtes qui n’ont abouti à rien. Clara n’a certainement pas été insensible à l’amour de Brahms, mais la pudeur et la réserve de chacun n’a donné lieu qu’à certaines indiscrétions et quelques ragots. S’ils ont été amants, ils surent le cacher à tout le monde. Durant toute leur vie ils resteront très proches l’un et l’autre surtout par la correspondance, et passeront même des vacances ensemble en Suisse et dans différentes localités allemandes et autrichiennes. Avec le temps leur relation devient très amicale et ils s’écrivent souvent. En 1868 Brahms demande à Clara la main de sa fille Julie, mais il reçoit un refus catégorique. Ils auront toujours besoin l’un de l’autre.

Brahms se fiance avec une jeune chanteuse, Agata von Siebold. Il semble finalement arrivé au mariage, mais au dernier moment il y renonce. Il aura d’autres liaisons surtout avec des jeunes chanteuses et malgré son intérêt pour les femmes restera un célibataire irréductible.

En 1876, à 43 ans après vingt ans de gestation, il compose sa première symphonie et en 1878, après des années de pérégrinations s’installe définitivement à Vienne et se consacre à la direction orchestrale auprès de la Société des Amis de la Musique. Par la suite, il renoncera à une activité stable, se contentant du bénéfice des droits d’auteur et de celui des tournées où il exécute ces propres œuvres en tant que pianiste et directeur.

Il vivra dans un petit appartement de trois pièces jusqu’à la fin de sa vie. C’est un homme économe qui achète tout à bon marché et voyage en troisième classe. Cependant, il laissera un héritage considérable. On lui reconnaissait une certaine brutalité et un esprit sarcastique et piquant. Dans son jeune âge il était agile et avait des cheveux blonds, des yeux bleus et des traits doux et élégants tandis que dans un âge avancé il était barbu et gros.

En 1891 il rédige son testament dans lequel il lègue tous ses livres et ses partitions à la Société des Amis de la Musique de Vienne et demande que l’on brûle tous les manuscrits.

En 1896 on lui annonce la mort de Clara et il en est bouleversé. Il se précipite pour assister aux funérailles, mais il se trompe de train et tombe malade. La grippe ne guérit pas alors il consulte un médecin qui découvre un cancer du foi à un stade très avancé. C’était la même maladie que son père. Il meurt un an après Clara , le 3 avril 1897 à 63 ans.

Brahms aborde tous les genres de la musique instrumentale et vocale à l’exception du théâtre. A ce propos, une occasion concrète se présenta en 1877, et son ami Joseph Widmann lui propose la composition musicale du « Roi cerf » de Carlo Gozzi, mais Brahms refuse et lui répond   « je ne vous ai jamais parlé de mes principes ?....Ne jamais tenter aucune œuvre et aucun mariage ».


THEME NATAL



Soleil en Taureau, Ascendant Bélier et Lune en Sagittaire.

Dans son thème les éléments dominants sont le Feu et la Terre, caractéristique d’une personne ayant un esprit d’initiative, bien organisée et concrète. En outre, l’on remarque beaucoup de planètes en signes cardinaux y compris l’ascendant et le MC (Mercure, Jupiter, Pluton et Mars). La majorité des planètes en signes cardinaux indique une prédisposition à l’action et un caractère entreprenant.

La prédominance de planètes dans l’hémisphère Nord- Est incline à la réflexion et à l’introversion, avec une personnalité très déterminée. Brahms sait ce qu’il veut et il agit en fonction de ses objectifs. Il confirme cet esprit d’initiative le jour où il laisse ses partitions au portier de l’hôtel où se logeait le couple Schumann.

Le Soleil en Taureau en maison I, sextile à Mars en Cancer et Trigone à Saturne en Vierge lui donne une grande énergie et des idées créatives qu’il met en pratique, sachant cueillir les opportunités lorsqu’elles se présentent. Il s’est présenté à Schumann qui a reconnu en lui le génie et il a continué à entretenir cette amitié car il savait que son opinion était influente, mais il a également été très dévoué et très disponible lorsque Schumann est tombé malade.

La Lune en Sagittaire en maison IX est au sextile d’Uranus en Verseau et au trigone de la conjonction Mercure/Jupiter en Bélier et au carré de Saturne en Vierge. L’image de la femme est idéalisée mais le carré à Saturne qui est également rétrograde, semble indiquer qu’en dépit du succès avec les femmes, il y a une tendance à en être privé. Clara a été le véritable amour de sa vie, mais ce fut également un amour très douloureux pour la difficulté à combattre la résistance de Clara et pour son incapacité à accepter en général la femme comme compagne de vie.

Mercure est en maison I conjoint à Jupiter en Bélier au carré de Mars. Brahms a commencé à gagner de l’argent très tôt, ayant eu des difficultés financières durant l’adolescence et ceci a pu déboucher sur un blocage par rapport à l’argent. L’on dit, en effet, qu’il était très parcimonieux. Il vécut dans un cadre sobre, très dépouillé (Saturne en VI) : il vivait simplement avec l’argent de ses leçons privées et des tournées comme pianiste et directeur d’orchestre.

Vénus est en Gémeaux en maison II au trigone de Neptune (en signes différents). Son affectivité dirigée vers un idéal est confirmée par la Lune en signe neptunien (Sagittaire). Par ailleurs, le trigone Vénus- Neptune lui donne une imagination créative, pleine d’inspiration, une nature sensible et romantique et la tendance à une activité artistique.

Bien que Schumann ait eu l’intuition de la solidité architecturale de ses compositions, et le considérait comme l’héritier de Beethoven, Brahms a toujours été sévère avec lui-même (Soleil trigone à Saturne).

Saturne en maison VI en Vierge le rend méthodique et perfectionniste. Cette constante recherche de perfection qui marque son travail est évidente : la longue gestation de sa première symphonie (20 ans) mais aussi cette ultime volonté de vouloir brûler ses manuscrits ; ses compositions devaient arriver au public après un examen minutieux.

La Lune Noire est conjointe à Uranus en Verseau en maison XII. Brahms a une perception claire de ce qu’il veut et il trouvera son inspiration dans la solitude et dans la créativité.

C’est ainsi que se termine la description de la vie et l’analyse du thème natal de Clara Wieck Schumann, de son mari Robert et de Johannes Brahms.

Durant toute sa vie, Clara a démontré une grande force de caractère qui est liée certainement à l’éducation reçue, à la fugue de sa mère, à la présence obsessionnelle de son père qui recherchait à travers sa fille une gratification, une gloire qu’il ne pouvait obtenir lui-même ; il s’acharnait à vouloir contrôler chaque mouvement de son âme et à la diriger selon sa propre volonté. A tout ceci, s’ajoute la mort précoce de son mari, la maladie d’un fils enfermé dans un asile pendant plus de 40 ans et la perte de quatre enfants. Cette somme d’événements douloureux ont marqué le caractère et la personnalité de Clara ; sa vie peut être définie comme un triomphe musical et une tragédie personnelle.


Fin de l’article de Maria Grazia la Rosa: Clara Wieck Schumann, publié dans la revue «Linguaggio Astrale » n°151/ 2008


Bibliographie

Harold C. Schonberg (da i grandi musicisti, trad. Di Vittorio Di Giuro), ed. Mondadori 1972

J.D. Landis Struggimento, Neri Pozza ed. 2001

Piero Rattalino Schumann; Robert e Clara, Zecchini ed.2002

Laura Ruzza Nel cosmo di Robert e Clara Schumann Editing ed 2005




Maria Grazia LA ROSA 

Cancer, Ascendant Capricorne et Lune en Taureau, Maria Grazia La Rosa est diplômée de Lettres modernes. Ella a dirigé le service d’une administration publique pendant de nombreuses années et depuis 1996 elle a pris sa retraite.

Maria Grazia est astrologue certifiée du C.I.D.A de Bologne,  conseillère et trésorière du C.I.D.A. Elle est également conseillère du groupe local de Rome où elle a collaboré à l’organisation des colloques, du mois d’octobre 2002 à novembre 2008. Elle fait partie du Comité de rédaction de la revue Linguaggio Astrale. Elle a enseigné l’astrologie dans plusieurs associations culturelles et a tenu de nombreuses conférences sur différents personnages historiques féminins qui ont été publiées dans la revue Linguaggio Astrale. Elle a été membre de la commission du concours « Nuove voci  e nuovi talenti in campo astrologico » en 2005. Elle a participé au Colloque International organisé par le groupe local de Perugia en mars 2009.

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