AU FIL D’AMOURS

De Michel Morel
Editeur : Publibook
Publication en 2006

Michel Morel est né dans le Jura en 1944 et enseigne l’anglais au collège. Il joue déjà de son imagination dans sa profession. D’autres passions le poussent à s’intéresser à la photographie, à la nature, à l’astrologie et différentes philosophies qu’il rencontrera lors de séjours à l’étranger.

Quatrième de couverture

Les mots Volupté, Dualité ou Originalité pourraient caractériser cette suite ordonnée de poèmes. La succession n’est pas anodine. Si la lecture passe par des phrases intimes, voire coquines, le ton n’est pas seulement libertin.

Sur cette terre d’amour, fleurit parfois l’humour. Ces amours fantasques se hérissent de contrastes. Sensations et réflexions peuvent parfois faire bon ménage et meubler la scène comme la vie.

Une poésie réaliste et réactive ?

Symbolisme et ésotérisme seront au menu de son désir d’originalité et d’étrange. Comment un esprit curieux ne serait-il pas amené à s’intéresser à ces humains qui naissent sans mode d’emploi et dans la plus totale ignorance de leur nature et de leur destin ? Ces humains qui s’élancent dans la vie, emportés par leurs désirs et leurs illusions, à l’école de leurs échecs et leurs désillusions !
Nous méritons bien quelques sourires

Deux poèmes de « Au fil d’amours »

LA FEMME ET LES ASTRES

Femme : en parties de Lune,
Tendre moitié, de quelle côte d’homme ? Aucune !
Aussi belle en chevelure blonde qu’en brune.

La courbe extérieure du sein droit,
Parenthèse pendante, charmante, distante comme il se doit
Du sein gauche : l’ébauche d’un grand cercle, conçoit.

Le Soleil, pour cette Lune, veut briller,
L’admire, le matin, au lever,
La désire, le soir, au déshabiller.

Femme, Vénus, te confère ta tendresse,
Ta douceur, ton désir de caresses,
Ta langueur, une certaine paresse…

Des faveurs, la blancheur de ta chair,
Tes rondeurs, ton ardeur pour plaire,
La cuisine et la bonne chère.

Tes habits si habillements choisis,
De ton corps, toutes les formes magnifient
Et varient ton apparence à l’infini.

Femme, Mercure t’est conté.
De paroles, il faut user
Et sans cesse t’abreuver…

Ou, sans bouger et tremblant,
T’écouter parler tout le temps,
S’esbaudir à tes penchants.

Car ses mots, comme des amants,
Te séduisent à tout venant,
Prennent ton corps peu défendant.

Femme par Mars dans tes actions,
Tes humeurs et ses manifestations
A l’homme soumise ? Il n’est question !

Ton bon vouloir, ta volonté,
Te placent en rivale sans discontinuité.
Tu es son égale, sans ambiguïté.

Tu agis, pour, l’homme, séduire
A ta merci, tu peux, l’homme, réduire.
Il n’obéit ? tu veux, l’homme, détruire.

Par Jupiter, aide ombrageuse,
Tu es devenue très ambitieuse,
De la place de l’homme, très envieuse.

A ta justice, l’homme doit plier.
Sans discuter, sans récrier,
Vers ta splendeur, il doit voler.

Hors du foyer, tu aimes régner,
Tous tes pouvoirs, voir respectés
A l’extérieur, adores flâner.

Avec Saturne, si taciturne,
Tu exiges la certitude
D’une fidélité sans mansuétude.

Tu souhaites, du temps, toute sa rigueur,
Sa justesse et toute sa longueur
Mais refuses toute sa lenteur.

Tu rejettes la crainte du vide,
La tristesse et toutes les rides.
De jeunesse, tu restes avide.

D’Uranus, tu souhaites, les coups de foudre,
Aux yeux des autres femmes, jeter de la poudre,
Aux jalousies et aux envies, donner du grain à moudre.


A rompre tous les rythmes, être originale,
A jamais paraître la même, tu te régales.
Pour toi, nulle histoire d’amour ne reste banale.

Tu trompes les hommes avec lubricité,
Les renouvelles à satiété,
Défiant les lois des sociétés.

Ta brusquerie, toutes tes envies,
Laissent les hommes abasourdis,
Désarçonnés, au fond du lit,

Neptune, nuée sur l’océan,
Te prête son voile pour le présent,
T’accorde l’illusion comme présent.

Tes tromperies font pleurer.
Tes sauts-de-lit font jaser.
Tes fantaisies font rêver.

Neptune t’élève vers l’impossible,
Verse des parfums, chasse le visible
Et te conduit à l’indicible.

Quand vient Pluton, demande pardon,
Pour tes façons, tes abandons.
Révise l’amour et ses passions !

Par toutes les formes qu’il déforme,
Lors des naissances, tu es difforme !
A tes désirs, tu te conformes.

Par le devoir des gestations, par le pouvoir des mutations,
La femme, creuset des générations,
Remet toujours, l’homme en question.

 

TU BALANCES

Tu t’esquives, féline et te coules loin de moi,
Filante, mais si câline, pour forcer mon émoi ?
Mais tu voles vers ton fils et te penches sur ton lit,
La contemples, ravie, nouveau dieu de ta vie ?

Je m’approche de toi, sous ta robe, je glisse
Mes mains qui lissent, investissent, ton corps si complice.
Je contemple notre enfant, respirant doucement.
Il t’attire tout le temps, comme un nouvel aimant.

Tu quittes, comme à regrets, ta robe que je défais.
Qu’un soupir discret, mal à l’aise, me met !
Pourtant ton corps parfait, à l’amour, se promet.

Sans que bouge un seul cil, immobile, trop docile,
Tu m’accueilles, de profil, rivée au corps fragile,
Pour protéger le fil d’un partage difficile.

By Michel Morel
email: michel.morel5@wanadoo.fr

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Mireille Petit © - Tous droits réservés - 2009