KORE Planète maîtresse du signe du Taureau

Par Jean de Larche

Avant d’aborder ce sujet délicat, je voudrais revenir rapidement sur la notion de « triplet astrologique » avec laquelle les lecteurs ne sont pas forcément familiers.

Selon l’acception que les mathématiques donnent au « mot » triplet dans la théorie des ensembles, j’appelle « triplet astrologique » l’association de telle planète particulière avec le signe zodiacal et la maison astrologique qui correspondent analogiquement à cette planète.

Ainsi, le triplet astrologique n°1 est composé de la planète Mars, du signe du Bélier et de la Maison I qui sont tous trois en correspondance analogique ; de la même façon, le triplet astrologique n°3 est , quant à lui, est composé de la planète Mercure, du signe des Gémeaux et de la Maison III.

Dans mon dernier ouvrage intitulé Le Zodiaque astrologique originel, paru en 2009, j’ai essayé de montrer que l’organisme vivant qu’est le zodiaque se trouve, pour ainsi dire, inscrit comme en filigrane dans les profondeurs de l’inconscient psychique de tout individu humain incarné sur Terre.

Et ce zodiaque archétypal est constitué par la suite des douze triplets astrologiques, numérotés de 1 à 12, qui représentent les douze phases (ou stations) du périple initiatique que tout natif est amené à effectuer au cours de son existence.

C’est la raison pour laquelle l’être humain pénètre dans l’incarnation par le triplet astrologique n°1 (Mars, signe du Bélier, Maison I) qui est le triplet que l’on peut appeler celui de la naissance en tant que traumatisme et acte héroïque, avec l’identité première qui s’y rattache. Et c’est la raison pour laquelle on peut affirmer aussi que cet être humain sort de l’incarnation par le triplet astrologique n°12 (Neptune, signe des Poissons, Maison XII) qui est le triplet que l’on peut appeler celui de la préparation à l’entrée dans une dimension supérieure de la conscience universelle, avec tout l’entraînement que cela suppose.

Entre le triplet initial et le triplet final, il y a tout un trajet vitalement initiatique qui devrait, en principe, permettre à la personne de manifester progressivement dans les faits – et cela de façon de plus en plus expressive – le projet de vie dont elle est porteuse à sa naissance.

Dans cette optique, le parcours existentiel de l’incarnation sur la planète Terre a un sens, c’est-à-dire que les douze phases (ou stations) qui le ponctuent et qui sont symboliquement représentées par les douze triplets astrologiques possèdent chacune une signification particulière et que l’ensemble du cycle progresse selon une orientation générale qui lui donne une cohérence interne tout à fait remarquable.

A propos du zodiaque archétypal tout serait parfait si nous disposions du nombre suffisant de planètes permettant à chaque triplet astrologique d’avoir sa planète spécifique pouvant être associée au signe zodiacal et à la maison astrologique qui lui correspondent analogiquement dans ce triplet.

Or, ce n’est pas encore tout à fait le cas puisque, pour l’instant, nous ne disposons que de onze instances planétaires si nous prenons en compte les sept planètes traditionnelles (dont les deux luminaires), les trois planètes transsaturniennes (Uranus, Neptune, Pluton) et Cérès à qui l’on reconnaît enfin son statut de planète à part entière et qui préside désormais aux activités du triplet n°6 (Cérès, signe de la Vierge, Maison VI) que l’on peut appeler le triplet de l’acceptation des tâches répétitives et autres servitudes de l’existence au quotidien.

De toutes les planètes que nous venons de recenser il n’y en a plus qu’une seule qui possède encore la maîtrise de deux signes zodiacaux et appartienne à deux triplets ; il s’agit de Vénus qui conserve à l’heure actuelle, à la fois, la maîtrise du signe du Taureau (signe nocturne du triplet n°2) et la maîtrise du signe de la Balance (signe diurne du triplet n°7).

En toute logique, Vénus devrait garder la maîtrise du signe de la Balance mais, en revanche, céder sa place à une autre planète pour la maîtrise du signe du Taureau dans la mesure où ce dernier ne peut plus se satisfaire d’une maîtrise de Vénus, certes traditionnelle mais peu convaincante au regard des faits, car la planète maîtresse du signe du Taureau doit répondre aux exigences d’une situation bien précise, celle qui correspond au triplet n°2.

Comme je l’ai expliqué dans mon livre sur le zodiaque tous les triplets astrologiques impairs (n° 1, 3, 5, 7, 9, 11) sont de polarité masculine et tous les triplets astrologiques pairs (n° 2, 4, 6, 8, 10, 12) sont de polarité féminine.

La polarité masculine se caractérise par l’orientation centrifuge de ses pulsions organiques ainsi que de ses tendances psychologiques ; c’est la raison pour laquelle les six triplets impairs inciteront la personne à quitter son centre pour se porter à la périphérie d’elle-même, à s’extérioriser, à s’extravertir, à se diriger vers un « ailleurs » et à rayonner d’une façon ou d’une autre, en bref, à agir vers le monde et dans le monde.

En revanche, la polarité féminine se caractérise par l’orientation centripète de ses pulsions organiques ainsi que de ses tendances psychologiques ; c’est la raison pour laquelle les six triplets pairs inciteront la personne à se replier vers son centre, à s’intérioriser, à s’introvertir, à se maintenir là où elle se trouve et à accueillir les impressions venues du dehors, en bref, à laisser entrer dans son intimité les effets du monde environnant.

En ce sens, le triplet n°1 (Mars, signe du Bélier, Maison I) fournit l’exemple-type de la polarité masculine à orientation centrifuge, tout comme, à l’inverse le triplet n°2 (constitué d’une planète qui reste à identifier, du signe du Taureau et de la Maison II) fournit l’exemple-type de la polarité féminine à orientation centripète.


De quoi s’agit-il avec ce triplet n°2 ?

Pour le dire clairement et simplement, la situation particulière du triplet n°2 se résume à ceci : « Je viens d’être lancé dans le monde. Et maintenant il s’agit pour moi, de m’y maintenir coûte que coûte. Comment y parvenir ? Par quels moyens ? Comment et où trouver ces moyens de survivre dans le monde, dans cette existence incarnée sur Terre ? ».

Le propos du triplet n°2 tourne, en effet, autour de la problématique de la survie du nouveau-né au milieu du monde dans lequel il vient d’être projeté.

Les trois vecteurs constitutifs de ce triplet n°2 vont prendre leur part du travail qui est à effectuer pour assurer à tout prix ce maintien en vie :

  • la planète, encore à identifier, devra s’investir pour chercher et, si possible, fournir les moyens concrets, tangibles, pratiques de cette survie ;

  • le signe du Taureau indiquera les modalités de comportement propres à assurer la survie et le maintien dans l’existence ;

  • la Maison II représentera le domaine potentiel d’expression et d’application des moyens de survie et des besoins vitaux inhérents à ce maintien dans l’existence incarnée sur Terre.

Maintenant que la naissance a eu lieu (au triplet n°1) le nouveau-né en tant qu’organisme brutalement exposé à la lumière du jour doit impérativement trouver les moyens lui permettant de se maintenir en vie. Or, il n’est pas encore capable de le faire par lui-même car sa constitution physique, encore rudimentaire et fragile, l’empêche d’aller lui-même chercher sa nourriture. Le jeune enfant, au stade du nourrisson, doit se soumettre à un premier apprentissage, celui de s’habituer à capter, à ingurgiter, à assimiler tout ce qui pourra contribuer à sa survie et à sa croissance.

En fait, le triplet n°2 se fonde, au départ, sur un processus vital de succion-absorption-ingestion par lequel le tout jeune enfant assure sa subsistance immédiate en dégustant le lait maternel, ce qui exige, de sa part, toute une série d’efforts appropriés mais lui procure aussi tout un éventail de sensations nouvelles et agréables. Cette première activité du nouveau-né revêt un caractère évident d’oralité, au sens psychanalytique du terme : la bouche devient le lieu de rencontre privilégié avec le monde extérieur. Le nourrisson semble alors se consacrer entièrement à la satisfaction vitale et sensorielle de son besoin premier, celui d’assurer son maintien dans l’existence jusqu’au moment où il pourra faire preuve d’une plus grande autonomie de mouvements. Pour l’instant, il aime s’absorber dans son unique occupation, il risque même de s’y complaire car il y découvre une sorte de volupté endormeuse et presque hypnotique.

Puisqu’il s’agit de trouver une nouvelle planète qui pourrait présider aux activités du triplet n°2 dont je viens de présenter quelques traits de comportement, le mieux est de se tourner vers la mythologie pour voir s’il n’existe pas un scénario qui correspondrait à la situation globale du triplet n°2.

Au cours de mes incursions mythologiques, je ferai suivre chaque nom de divinité grecque par son équivalent romain puisque c’est ce dernier que l’astrologie occidentale a adopté.

Mes recherches précédentes à propos de la maîtrise du signe de la Vierge m’avait conduit à m’intéresser au cas de Déméter-Cérès dont la fille Koré a été enlevée par Hadès-Pluton, souverain des Enfers.

Selon le récit mythologique, Koré, encore adolescente, se promenait dans la plaine verdoyante d’Eleusis, en Attique, lorsqu’elle aperçut une touffe de narcisses auprès de laquelle elle s’arrêta pour en admirer la beauté et en respirer le parfum. C’est au moment où elle s’apprêtait à cueillir les fleurs odorantes que la Terre s’entrouvrit sous ses pieds. Hadès-Pluton surgit alors du gouffre béant, s’empara de la jeune fille et l’entraîna avec lui dans son obscur royaume souterrain avec l’intention bien arrêtée d’en faire son épouse en lui donnant le nom de Perséphone-Proserpine.

Comme Déméter-Cérès menaçait d’affamer le genre humain tout entier en renonçant à exercer sa fonction de déesse des moissons si elle ne retrouvait pas sa fille au plus vite, Zeus-Jupiter décida d’envoyer Hermès-Mercure chez Hadès-Pluton pour le prier de laisser son épouse retourner chez sa mère. Hadès-Pluton accepta tout en prenant bien soin de présenter à Perséphone-Proserpine quelques pépins de grenade qu’elle mangea avec plaisir. Or cet acte rendait indissoluble le lien qui unissait les deux époux parce que la loi qui régnait aux Enfers stipulait que toute personne y ayant pris de la nourriture ne pouvait plus rejoindre le monde vivant à la surface de la Terre. Devant cette situation délicate Zeus-Jupiter présenta à toutes les parties concernées un compromis suivant lequel Perséphone-Proserpine passerait six mois de l’année sur Terre dans le monde visible en compagnie de sa mère tout en continuant de vivre les six autres mois de l’année dans le royaume invisible des Enfers avec Hadès-Pluton. C’est la raison pour laquelle depuis lors – ainsi va la vie – chaque automne Perséphone-Proserpine quitte sa mère, et la Terre se dépouille de sa parure, les arbres perdent leur feuillage, la nature s’assoupit puis s’endort. Et chaque printemps Perséphone-Proserpine retrouve sa mère et la Terre reprend sa parure, la végétation repousse, les arbres se couvrent de feuilles, la nature s’éveille et s’épanouit.


Une première remarque s’impose ici.

Il faut bien distinguer la situation d’avant l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton et la situation d’après l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton. L’événement qui fait la charnière n’est pas un simple rapt puisqu’il fait passer la jeune fille au rang de femme-épouse, rang officialisé, si l’on peut dire, par l’octroi d’un nouveau nom, celui de Perséphone-Proserpine.

En rapport avec le triplet astrologique n°2 et tout spécialement avec le signe du Taureau c’est, bien entendu, la situation d’avant l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton qui nous intéresse puisqu’elle est le point de départ de toute une dramaturgie à caractère universel.

Ce qui nous amène à une deuxième remarque.

Ce serait un total contresens que de considérer l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton comme une séquestration suivie d’un viol, telle que l’actualité peut nous en fournir l’exemple trop souvent. Avec Koré et Hadès-Pluton nous sommes dans le cérémonial du mythe empreint de sens symbolique et non dans le récit anecdotique d’un fait divers. Car il s’agit, bel et bien, ici, de l’Ordre du Monde dont Zeus-Jupiter, souverain de l’Olympe, est à la fois le garant et l’exécuteur.


Et maintenant une question se pose : pourquoi mettre en relation cette séquence du récit mythologique concernant Koré avant son enlèvement par Hadès-Pluton avec la situation qui est celle du nourrisson et du tout jeune enfant dans le triplet astrologique n°2 ?

Pour plusieurs raisons.

Et d’abord, parce que Koré a vécu toute son enfance auprès de sa mère Déméter-Cérès, dans un monde où il n’y avait aucune présence masculine. Tout ce dont Koré avait besoin pour survivre en tant que jeune fille elle le trouvait chez sa mère qui la comblait d’un amour maternel extrêmement puissant, voire envahissant, et cela dans une ambiance de sécurité et de confort qui pouvait sembler la protéger contre tout danger extérieur. L’environnement naturel dans lequel elle se déplaçait lui était comme une sorte de paradis terrestre où elle pouvait goûter à la fois un bien-être physique et une tranquillité psychique. On reconnaît déjà dans cette description quelques-uns des besoins vitaux auxquels le signe du Taureau aspire instinctivement.

Malheureusement, le drame pour Koré c’est que sa mère voudrait que l’existence idyllique qu’elle mène avec sa fille se maintienne en l’état, se perpétue indéfiniment, s’éternise pour ainsi dire dans une sorte de béatitude que personne ne doit perturber.

Là encore, on reconnaît un des dangers qui guette le signe du Taureau une fois qu’il s’est établi sur des positions qui lui semblent confortables et sécurisantes ; il a toutes les peines du monde à en changer et il risque d’y être contraint par des circonstances extérieures.

Si l’on compare la situation qui est celle du nouveau-né dans le triplet astrologique n°2 avec l’état dans lequel se trouve Koré depuis sa naissance on s’aperçoit que, dans le premier cas, le passage du temps incite le tout jeune enfant à grandir, à se transformer et à évoluer puisque sa situation n’est que transitoire alors que, dans le second cas, le temps a suspendu son vol et s’est immobilisé contre toute raison, faisant de Koré l’esclave de l’amour immodéré que lui porte sa mère.

Dans ces conditions, ce qui devait arriver arriva en effet, et ce fut l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton.

Peut-on tirer du scénario mythologique concernant Koré quelques enseignements au plan astrologique ? Sans doute, car ce scénario est très instructif si l’on en comprend toutes les allusions cachées et si l’on ne se contente pas de le prendre pour une belle histoire à propos des frasques que peuvent se permettre des divinités exotiques.

Le récit fait mention, par exemple, d’une fleur, le narcisse, et d’un fruit, la grenade, qui, tout en étant des produits de la nature, ont une signification hautement symbolique.

Par son étymologie, le mot « narcisse » vient du grec narké qui signifie « engourdissement » et il se trouve donc rattaché à des termes comme « narcose » et « narcotique » qui se réfèrent à une sorte de torpeur provoquant l’assoupissement de la vigilance. Il n’est donc pas indifférent de savoir que c’est au moment où Koré admire la fleur et tente de la cueillir pour en respirer le parfum que son enlèvement par Hadès-Pluton se produit. Il y a dans le symbolisme du narcisse, à la fois, une volupté attachée au parfum, un engourdissement de la faculté de discernement et un grave danger pour celui ou celle qui se laisse aller à sa séduction. On pourra y voir un avertissement à propos du sensualisme du signe du Taureau et du péril que comporte le désir immodéré des biens terrestres de la Maison II.

Avec la grenade nous sommes en présence d’un symbolisme ambivalent. Car, d’un côté, il renvoie à la problématique de l’oralité au sens psychanalytique du terme, tout à fait typique du signe du Taureau, et d’un autre côté, il suggère, de façon à peine voilée, l’accomplissement de l’acte sexuel, en rapport avec le signe du Scorpion dont le maître est précisément Pluton. Il est clair que Koré-Proserpine fut séduite, malgré elle, par Hadès-Pluton qui lui fit manger de la grenade, mais il semble bien aussi que la jeune épouse n’ait pas su résister à l’attrait d’un « aliment doux et sucré » qui lui procura un plaisir auquel sa nature sensuelle la portait instinctivement. En réalité, l’absorption par Koré-Proserpine de la grenade considérée par les Grecs comme un symbole de fertilité et de fécondité, manifeste bel et bien le passage de l’état de jeune fille couvée par la mère à l’état de femme libérée de l’emprise maternelle.

Le mythe de Koré-Proserpine n’a pas encore, à ma connaissance, fait l’objet d’une recherche approfondie concernant ses multiples implications.

Or, il semble évident que le compromis proposé par Zeus-Jupiter pour rétablir l’ordre du monde veuille, en fait, édicter une loi de l’alternance entre le temps consacré au monde visible (la surface de la Terre) et le temps consacré au monde invisible (le royaume des Enfers).

Et cette loi de l’alternance vaut, bien entendu, pour le rythme saisonnier des cultures et des travaux agricoles qui doit respecter le temps souterrain de la germination invisible mais féconde.

Cette loi de l’alternance vaut tout autant pour l’activité psychique partagée entre le travail conscient du moi et les procédures souterraines de l’inconscient individuel et collectif ; procédures qui sont à mettre en relation avec le triplet astrologique n°8.

Mais, par ailleurs, – et c’est peut-être là que se situe la raison essentielle de l’événement – l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton avait pour dessein de mettre fin à une situation qui risquait d’entraver l’évolution naturelle de la vie puisque, comme on l’a vu, l’amour maternel de Déméter-Cérès pour sa fille était trop égoïste et possessif. Il fallait donc briser cette situation qui voulait s’éterniser, et cela nécessitait d’employer les grands moyens. L’événement mythologique qui sanctionne l’attitude erronée de Déméter-Cérès fait comprendre la fonction axiale qui s’exerce entre les triplets qui se font face dans le zodiaque. Dans le cas qui nous intéresse il s’agit du triplet n°2 (Koré, signe du Taureau, Maison II) et du triplet n°8 (Pluton, signe du Scorpion, Maison VIII). Ces deux triplets s’éclairent l’un par l’autre. A cause de la situation qui est celle du triplet n°2 au cours duquel le nouveau-né dépend étroitement de la nourriture que lui dispense sa mère, il se crée un nouvel attachement entre la mère et l’enfant alors que le moment de la naissance (au triplet n°1) avait tranché le lien organique qui unissait les deux êtres.

L’autonomie de l’enfant se trouve donc en péril, elle doit être de nouveau réaffirmée avec force. On sait que le principe maternel est très puissant dans le signe du Taureau puisque la Lune y est en exaltation. De plus, ce signe est fixe, c’est-à-dire qu’il persiste dans son comportement. Le triplet n°2 représente en effet une phase de concentration sensorielle qui capte par un mouvement centripète toutes les données d’un moment délectable afin de les répéter à l’infini.

C’est cette complaisance dans le confort des habitudes qui doit être brisée coûte que coûte et qui l’est, au besoin par une certaine violence comme le montre le scénario mythologique ayant trait à l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton. En ce sens, le triplet n°8 (Pluton, signe du Scorpion, Maison VIII) ne se privera pas de remettre en question les acquis du « moi » relatifs au triplet n°2 (possessions, routines, commodités de l’ego, accumulation de l’inessentiel, etc.) et cela de façon radicale par toutes sortes de crises et de morts symboliques si la personne n’est pas capable de comprendre par elle-même la loi universelle de conscientisation évolutive.

J’ajoute, à ce propos, que l’un des moteurs les plus puissants de cette loi de conscientisation évolutive se trouve justement représenté par la fonction axiale des triplets qui se font face. En effet, les triplets de la seconde moitié du zodiaque sont amenés, au cours de l’existence du natif, à corriger ce qu’il y a de trop exclusif, de trop unilatéral et de trop égocentrique dans le comportement des triplets de la première moitié du zodiaque et ils le font en socialisant ce comportement, en l’humanisant et en le civilisant.

En ce qui concerne l’axe formé par le face à face du triplet n°2 et du triplet n°8 qui, dans le meilleur des cas, devrait conduire à une synthèse créatrice entre l’avoir et l’être, entre le besoin de possession et la dynamique de dépossession, entre l’attachement aux biens de ce monde et le détachement à l’égard de tout ce qui est inessentiel, il met en œuvre toute une dramaturgie du sacrifice parfaitement lisible dans le scénario mythologique qui décrit l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton. Et le terme de sacrifice doit être ici entendu dans son sens étymologique le plus noble puisque la jeune fille Koré en devenant l’épouse d’Hadès-Pluton sous le nom de Perséphone-Proserpine accède au rang de divinité en tant que souveraine des Enfers.

C’est la raison pour laquelle, au niveau des signes zodiacaux l’axe Taureau / Scorpion porte en lui le sacrifice annoncé du Taureau qui, en attirant à lui les énergies transformatrices, accepte à l’avance de renoncer à tout ce qui pourrait interrompre le cours naturel de l’évolution.

A ce propos, il est bon de relire ce qu’une astrologue spiritualiste du siècle dernier, Marcelle Sénard, écrivait dans un ouvrage de référence intitulé Le Zodiaque et paru en 1948, sur l’essence du signe du Taureau :

« Si l’on veut comprendre le type Taureau, il faut toujours avoir présent à l’esprit la réceptivité magnétique de la Substance attirant l’énergie positive qui l’imprègne, la sature et se formule à travers elle. »

Cette manière de voir est en totale conformité avec tout ce que nous avons dit précédemment à propos de la polarité féminine du triplet n°2 animé pas une orientation centripète des pulsions organiques et des tendances psychiques.

Et de fait, on a bien l’impression en lisant le scénario mythologique que Koré, au-delà de sa quête de sécurité affective et de quiétude existentielle assouvie auprès de sa mère, est en attente de quelque chose d'autre et qu’en se promenant seule dans la plaine d’Eleusis pour s’éloigner innocemment de l’emprise maternelle elle se met instinctivement en situation de réceptivité pour accueillir le destin, c’est-à-dire ce qui lui permettra de grandir, d’évoluer et d’accomplir une véritable mutation.


Tout ce que nous venons de dire à propos de l’interprétation qu’il faut donner de l’événement que représente l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton pose, en réalité, un énorme problème de fond en ce qui concerne la compréhension du Sens.

Pour essayer de rester simple, on peut affirmer que toute situation existentielle (passée, présente ou future) est toujours la résultante de deux facteurs qui la font apparaître et qui permettent de l’expliquer :

  1. un facteur qui appartient au domaine des raisons,

  2. un facteur qui appartient au domaine des causes.

Même si cette distinction entre « raisons » et « causes » semble subtile, il ne faut surtout pas la négliger sous peine de demeurer dans une confusion tout à fait préjudiciable en ce qui concerne une prise de conscience satisfaisante de ce qui nous advient personnellement et de ce qui advient plus généralement dans le monde.

En affirmant que toute situation existentielle procède, à la fois, d’une raison (ou d’un ensemble de raisons) et d’une cause (ou d’un ensemble de causes) et qu’elle peut être expliquée par ces deux facteurs, on affirme de même coup sa pertinence ; en bref, on affirme que tout ce qui existe a un sens. En effet, pour qu’un événement quel qu’il soit, ait un sens il faut qu’il ait non seulement une cause décelable mais encore et surtout une raison d’être qui fournisse une justification de la validité de sa présence dans le monde manifesté. Un événement pourrait en effet être produit par une cause (ou par un ensemble de causes) sans pour autant posséder un sens dans la mesure où il n’aurait pas sa raison d’être ; dans ce cas, on pourrait dire de lui qu’il est fortuit, arbitraire ou dû au hasard ; il pourrait même passer pour absurde puisqu’il ne répondrait pas à des critères de légitimation reconnus par l’homme.

Or, il est évident que, la plupart du temps, dans notre réflexion à propos de tout ce qui existe (ou de tout ce qui nous advient) nous en restons au domaine des causes. C’est le propre de la science de détecter la cause ou la série des causes qui ont pu produire l’état actuel des choses et des êtres qui constituent la globalité du monde. Quant aux raisons d’être de cette situation existentielle globale, il faut bien avouer qu’elles semblent préoccuper de moins en moins d’individus parce que la recherche des raisons semble appartenir au royaume de la pure spéculation de plus en plus déserté de nos jours. Il y a là un grave déséquilibre dans la prise en considération des facteurs véritables qui façonnent, peu ou prou, notre présent.

La manière la plus simple de distinguer le domaine des causes et le domaine des raisons est de poser, d’une part, la question pourquoi ? (en un seul mot) et, d’autre part, la question pour quoi ? (en deux mots). En face de toute chose, de toute situation de tout événement ou de toute crise, on peut, en effet, se demander : pourquoi est-ce que cela existe ?, c’est-à-dire : qu’est-ce qui a bien pu, antérieurement, conduire à ce qui existe maintenant ? Mais on peut aussi – on devrait aussi – se demander : pour quoi est-ce que cela existe ?, c’est-à-dire : en vue de quoi et pour quel objectif (avec quelle finalité ) est-ce que cela existe ?

On s’aperçoit alors que le « pourquoi ? » (la cause ou l’ensemble des causes) d’un événement, d’une situation, d’une crise, se rapporte toujours au passé et à ce qui a agi précédemment pour produire de façon concrète l’émergence de l’événement, de la situation ou de la crise en question, tandis que le « pour quoi ? » (la raison ou l’ensemble des raisons) d’un événement, d’une situation, d’une crise se rapporte toujours à l’avenir et à ce qui a agi à l’avance de façon invisible dans le but de réaliser un projet, une finalité ou une intention propre à l’émergence de l’événement, de la situation ou de la crise en question.

On peut donc dire que toute réalité présente ne peut être convenablement expliquée et comprise que si nous prenons conscience, à la fois, des faits antécédents qui ont pu conduire jusqu’à cette réalité présente et, aussi, du projet (ou de l’intention ou de la finalité) qui présidait secrètement à l’émergence de cette réalité présente. En d’autres termes, c’est seulement en procédant à cette double analyse que nous avons une chance de saisir la pertinence de tout ce qui advient dans le monde et, du même coup, de percevoir le sens –signification et orientation – de notre propre existence et de l’existence de l’homme sur terre.

De ce point de vue, l’histoire de Koré est parfaitement emblématique en ce qui concerne le domaine des raisons qui est soumis à l’Ordre du monde dont Zeus-Jupiter est le garant et le défenseur.


Problématique du triplet astrologique n°2

Comme pour tout triplet astrologique, la compréhension du triplet n°2 (Koré, signe du Taureau, Maison II) nécessite qu’on l’envisage dans son évolution naturelle au cours de l’existence du natif et donc dans ses extensions symboliques à partir de la situation initiale qui lui donne son assise. Car il va de soi que le triplet n°52 ne se réduit pas à l'instinct primitif de survie dénoté par le fait, pour le nourrisson, d’ingurgiter avec gourmandise le lait maternel, même si ce comportement du nouveau-né est parfaitement symptomatique de l’atmosphère générale du triplet n°2 par la mise en œuvre du processus de succion-ingestion-déglutition qui répond, dans un premier temps, au besoin vital de captation, d’acquisition, d’appropriation et de consommation.

Cette dynamique du triplet n°2, qui caractérise le stade du nourrisson, pourra, bien entendu, se retrouver plus tard, tout au long de l’existence du natif dans le but, pour ce dernier, d’assurer sa subsistance et son autonomie en tant qu’être humain. Car il est tout à fait légitime pour l'adulte d’acquérir les ressources qui lui permettront de vivre décemment. Et c’est bien parce qu’il en est ainsi que le triplet n°2 porte en lui sa propre éthique, relativement simple, qui pourrait s’exprimer sur le mode du : « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ». Certes, l’argent est nécessaire à l’achat des biens de consommation les plus indispensables, mais cela ne signifie pas, pour autant, que l’on doive consacrer toute son énergie ou son temps à accumuler les possessions matérielles.

Et cependant le risque est grand de voir se développer à l’âge adulte des conduites désormais inadaptées et la cause en est justement qu’à la source du comportement du nourrisson il y a une avidité bien compréhensible dans la mesure où le besoin de se maintenir en vie est primordial, urgent pour ainsi dire, tout autre considération étant secondaire. En revanche, à l’âge adulte, cette avidité n’est plus de mise. Si elle persiste trop longtemps en devenant une propension irrépressible à accumuler les biens de consommation ou à multiplier les acquisitions matérielles, il est à craindre que des dysfonctionnements physiologiques ou des troubles psychiques apparaissent au cours de l’existence du natif. A l’origine de cette propension regrettable, il y a la peur de manquer du minimum nécessaire à la survie parce que le besoin profond du triplet n°2 est d’obtenir et de maintenir à tout prix une sécurité, voire un confort, que cette sécurité et ce confort soient d’ordre vital, matériel, pécuniaire ou affectif.

Et cette avidité à acquérir sera d'autant plus importante chez l’adulte que ce dernier aura éprouvé, à l’âge du nourrisson ou pendant son enfance plus généralement, de la difficulté à assouvir, pour une raison ou pour une autre, sa soif de lait maternel ou son besoin de protection affective de la part de la mère.

La dynamique du triplet n°2 qui se fonde sur un mouvement de captation, d’acquisition et d’appropriation sera mise en œuvre tout au long de l’existence du natif, mais elle pourra alors diversifier ses points d’application, ses modalités, ses objectifs et ses finalités, selon la position respective des trois vecteurs qui composent le triplet n°2 (Koré, signe du Taureau, Maison II) dans le thème astral de naissance du natif. J'en donnerai quelques exemples au cours de cet ouvrage.


Après toutes ses remarques d’ordre général, il est temps maintenant d’en venir à l’étude de Koré considérée comme planète maîtresse du signe du Taureau et de voir comment elle fonctionne dans un thème astral de naissance.

Et en rapport avec tout ce que nous avons dit à propos du scénario mythologique concernant l’enlèvement de Koré par Hadès-Pluton et à propos du comportement du triplet n°2 nous pouvons définir Koré comme une énergie de captation, d’acquisition et d’appropriation qui est mise à la disposition du natif pour qu’il s’en serve de façon appropriée et raisonnable. Mais il se peut que l’avidité première qui caractérise naturellement le comportement du nourrisson subsiste de façon plus ou moins sporadique chez l’adulte et puisse alors constituer pour lui un facteur compulsif de possessivité.

Car ne l’oublions pas, le signe du Taureau met en œuvre un besoin vital qui doit être satisfait d’une façon ou d’une autre. Il ne s’agit pas d’un désir, aussi violent soit-il. Le désir est, en général, conscient et il peut être amené, en fonction des circonstances, à se contrôler, à se socialiser ou à se sublimer. En revanche, le besoin vital peut rester inconscient pendant tout un temps comme s’il allait de soi en s’actualisant de façon spontanée et automatique, sans être reconnu clairement pour ce qu’il est et sans savoir exactement d’où il procède, même s’il est toujours fortement ressenti. Il semble qu’on en prenne réellement conscience qu’au moment où se dressent des résistances ou des empêchements extérieurs qui viennent contrecarrer ou retarder sa satisfaction.

Et cela est en conformité avec une autre observation faite par l’astrologue que j’ai déjà citée, Marcelle Sénard, qui dit, en parlant du signe du Taureau que « la faculté de perception du signe du Taureau est la sensorialité prérationnelle ».

On aura remarqué que j’insiste beaucoup sur al distinction nette qu’il faut faire entre la notion de besoin vital et la notion de désir. En fait, cette distinction recoupe celle qu’il faut faire entre la planète Koré et la planète Vénus. On pourrait dire que Koré est le réceptacle privilégié des besoins vitaux du natif tandis que Vénus est le héraut légitime de ses désirs singuliers. Et c’est bien la raison pour laquelle on ne peut plus à l’heure actuelle donner à Vénus la maîtrise du signe du Taureau qui appartient au triplet n°2 de polarité féminine et réceptive.

En ce sens, Koré est, par rapport à Vénus, un être plus fruste, encore tout proche de la Terre et de ses énergies primitives, respectant à ce titre, les grandes lois de la nature comme si un instinct supérieur la guidait, et se soumettant sans réticence à l’Ordre du monde dont Jupiter est le garant et l’exécuteur. en revanche, Vénus apparaît nettement plus sophistiquée que Koré et plus volontariste dans la pulsion élective qui la conduit dans le choix de ses valeurs, de ses partenaires et de ses objectifs.


Je définirai donc le mode de fonctionnement de Koré dans un thème astral de la manière suivante :

Koré opère comme une énergie de captation, d’acquisition et d’appropriation là où elle se trouve en signe et en Maison dans le thème, afin de satisfaire tout ce qui est ressenti comme aspirations, demandes et besoins vitaux de la Maison dont la cuspide est située dans le signe du Taureau.

Je donnerai plusieurs exemples de thèmes pour bien mettre en lumière ce mode de fonctionnement de Koré.

J’ajoute – et cela est en harmonie avec l’esprit général du triplet n°2 – qu’il y a toujours une sorte de plaisir gourmand à goûter ou à consommer ce qui a été acquis grâce à l’investissement énergétique de Koré dans le thème. Ce plaisir semble perdre sa saveur lorsque Koré est rétrograde.


La question qui se pose maintenant est de savoir comment on peut obtenir les positions de Koré afin de la placer dans les thèmes.

La première solution consiste à se procurer le livre de Robert Ambelain intitulé Koré, la dixième Planète et publié en 1991 aux Editions Bussière, à Paris. A ma connaissance le livre n’est pas encore épuisé. L’ouvrage contient une présentation de Koré dans les signes zodiacaux et dans les Maisons, ainsi qu’une étude des aspects planétaires de Koré. Il donne les éphémérides de Koré de 1900 à 2049, établies par le mathématicien Max Duval et le polytechnicien Jean-Marc Font. Le corps céleste nommé Koré aurait d’abord été repéré par le laboratoire américain de l’université de Californie en 1972, puis identifié par les astronomes soviétiques de l’Institut théorique d’Astronomie de Leningrad en 1975.

La seconde solution pour obtenir les positions de Koré est de s’en remettre au logiciel d’Auréas, Astro PC professionnel qui donne pour chaque thème dressé une liste de certaines planètes hypothétiques contenant la position de Koré d’Ambelain.


Koré, planète transplutonienne, fait le tour du zodiaque en 372 ans environ. Elle est relativement facile à placer dans un thème puisqu’elle parcourt un signe zodiacal en 31 ans, avec comme points de repère l’entrée en Bélier en 1914 et l’entrée en Taureau en 1945. On en déduit l’entrée en Gémeaux en 1976, l’entrée en Cancer en 2007, et ainsi de suite.

Le passage de Koré dans les signes semble correspondre à des périodes historiques fortement marquées par une certaine atmosphère générale dominante :

- en Bélier, par l’agressivité récurrente qui conduisit aux deux guerres mondiales ;

- en Taureau, dans son domicile donc, par l’advenue de la société de consommation et d’une certaine prospérité, à l’époque dite des Trente Glorieuses ;

- en Gémeaux, par le développement rapide, massif et universel de l’informatique en tant qu’invention tout aussi importante que l’imprimerie.

Le passage de Koré dans le signe du Cancer pourrait correspondre au problème angoissant de la faim dans le monde avec une crise alimentaire touchant plus d’un milliard d’êtres humains ; mais il pourrait aussi, en analogie avec la Maison IV, permettre, par exemple, un réaménagement des conditions de vie pour une meilleure répartition du télétravail (chacun pouvant organiser son temps de travail chez lui, dans son foyer).

Mais arrêtons-là les prévisions à plus ou moins long terme pour passer à la phase d’expérimentation et de mise à l’épreuve de l’hypothèse selon laquelle Koré serait la planète maîtresse du signe du Taureau.


Malgré mon scepticisme initial quant à la pertinence de cette hypothèse, il me semblait, au fil de mes recherches, que Koré apportait une explication plausible de tel ou tel point particulier de comportement qui jusqu’alors restait plutôt obscur ou mystérieux.

Comme toujours, vous le savez aussi bien que moi, c’est d’abord sur soi que l’on teste les hypothèses de travail.

Donc , pour en venir à mon propre thème de naissance, je ne voyais rien dans sa configuration qui puisse m’expliquer pourquoi il me fallait à tout prix aller immédiatement me procurer tel livre qui venait de paraître et qui me semblait absolument indispensable pour apaiser ma boulimie de savoir comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort.

Or, il se trouve que, dans mon thème, Koré se situe à 9°19 du signe du Bélier dans la Maison II et dispose de la Maison III dont la cuspide est dans le signe du Taureau.

Selon la formule que j’ai énoncée précédemment pour définir le mode de fonctionnement de Koré, on peut dire que, dans mon cas, Koré va opérer comme une énergie de captation, d’acquisition et d’appropriation, avec les modalités de comportement qui sont celles du signe du Bélier (c’est-à-dire précipitation, impatience, impulsivité, etc.) dans le champ d’expression de la Maison II (c’est-à-dire l’obtention, la possession, l’accumulation, etc., ce qui conforte la dynamique de Koré), afin de satisfaire tout ce qui est ressenti comme aspirations, demandes et besoins vitaux de la Maison III (c’est-à-dire le savoir technique, l’instruction pratique, l’information, etc.).

En effet, ces besoins vitaux de la maison III ne peuvent être satisfaits par eux-mêmes. Ils demandent donc à Koré qui a la maîtrise du signe du Taureau de s'investir là où elle se trouve dans le thème et de faire le nécessaire pour remédier à l’insatisfaction première ressentie comme un véritable manque pouvant mettre en danger la survie de la personne ou, du moins, empêcher cette dernière de poursuivre normalement son périple de croissance naturelle.

L’analyse détaillée que je viens de présenter correspond parfaitement à ce que j'éprouve lorsque j’ai un besoin irrépressible de prendre connaissance dans les plus brefs délais du contenu de tel ouvrage qui m’apparaît, dans l'instant, indispensable pour ma culture personnelle.

C’est ainsi que j’ai eu, par exemple, ma période de linguiste amateur, quand j’avais 18-20 ans. A cette époque les premiers manuels de la fameuse méthode Assimil pour l’apprentissage des langues étrangères étaient déjà parus. M’étant familiarisé avec l’anglais et l’espagnol au lycée, je me suis alors successivement plongé avec délectation dans l’étude des manuels d’allemand, d’italien, de russe et même de hongrois. Inutile de dire au lecteur que j’ai tout oublié de ces deux dernières langues.

Plus tard, cela se transformera en une accumulation de revues, hebdomadaires et magazines traitant de la vie politique et culturelle pour me tenir informé des derniers développements de l’actualité.

Tout cela pour dire qu’au cours de l’existence, Koré sait s’adapter aux circonstances du moment et peut donc opérer avec des variantes ou des déplacements dans la mise en œuvre de son énergie de captation, d’acquisition et d’appropriation, mais son mode opératoire reste le même. A l’heure actuelle, Koré, dans mon thème, a ajouté à son champ d’application le travail sur l’ordinateur, instrument idéal pour se procurer rapidement des informations sur une foule de sujets passionnants. Et c’est là que mon impatience Bélier à obtenir des résultats concrets m’amène parfois à commettre des erreurs regrettables dans le maniement de la machine, ce qui a le don de m’exaspérer.

A ce propos, il serait intéressant de faire une contre-expertise avec la Vénus de mon thème pour montrer qu’elle ne peut en rien répondre à l’attente de la maison III dont la cuspide se trouve dans le signe du Taureau. La Vénus en question qui se situe dans le signe des Gémeaux et en maison V a bien d’autres idées en tête pour se soucier du minimum de savoirs pratiques dont j’ai besoin à tel moment de mon existence pour me sentir informé de l’état du monde.


Je prends maintenant un exemple qui m’est intimement proche puisque c’est celui de mon épouse. Dans son thème de naissance Koré, qui est rétrograde, se situe à 9°12 du signe du Bélier dans la Maison IX et dispose du Milieu de Ciel et de la Maison X. On peut donc dire que, dans son cas, Koré va opérer comme une énergie de captation, d’acquisition et d’appropriation avec les modalités de comportement qui sont celles du Bélier (mais avec un taux de réactivité nettement inférieur à cause de la rétrogradation de Koré) dans le champ d’expression de la Maison IX (c’est-à-dire tout ce qui concerne l’étranger, les voyages, les études supérieures, les milieux universitaires, etc.) afin de satisfaire tout ce qui est ressenti comme aspirations, demandes et besoins vitaux du Milieu de Ciel et de la Maison X (c’est-à-dire la réussite sociale, la profession, la carrière, la notoriété, etc.).

Là encore, comme dans l’exemple précédent, on peut dire que les besoins vitaux du Milieu de Ciel et de la maison X ne peuvent pas être satisfaits par eux-mêmes. Ils demandent donc à Koré de s’investir dans le champ potentiel d’expression de la maison IX pour qu’elle mette fin à une insatisfaction touchant à la dignité même de la personne.

Et cela correspond parfaitement au parcours de mon épouse puisque, après avoir enseigné le français pendant 4 ans en Inde (deux ans à Bombay) et au Pakistan (deux ans à Karachi), elle a fait une carrière de professeur de phonétique de la langue française à l’université Paris III et à l’université américaine de Paris pour des étudiants étrangers venus des quatre coins du monde.

Seule Koré, dans le thème, permet de comprendre cette situation professionnelle particulière.

Sans vouloir travailler spécialement sur les aspects planétaires du thème, il est cependant intéressant de noter que Koré se trouve en quinconce à Jupiter qui est situé en Scorpion dans la Maison IV et qui dispose de la Maison V. Cet aspect particulier demandait à mon épouse d’aménager et de répartir équitablement le temps consacré à ses obligations professionnelles et le temps accordé à son bonheur de mère de famille avec trois enfants au foyer.

La contre-expertise avec la Vénus du thème semble parlante : en effet Vénus se trouve dans le signe du Lion mais dans la maison XII. On voit assez mal comment le penchant au retrait de cette Vénus (même s’il aime être reconnu comme tel dans sa valeur de sacrifice puisque la planète est en Lion) aurait pu apporter à mon épouse, sinon la grande notoriété, du moins une certaine reconnaissance publique.


L’année dernière, j’avais traité, ici même, de Cérès dans le thème de naissance de Sœur Emmanuelle. Je reviens un instant sur ce thème pour voir ce que Koré lui apporte comme élément de compréhension supplémentaire. Koré rétrograde est placée à 23°17 du signe des Poissons dans la Maison III et dispose à la fois de la Maison V et de la Maison VI.

Avec cette position de Koré, on mesure d’emblée toute l’importance que pouvaient revêtir, chez Sœur Emmanuelle, la prise de parole et le besoin de communiquer. Dans l’expression verbale de Sœur Emmanuelle, il y avait un ton franc et direct, parfois rude et musclé à cause de la rétrogradation de Koré – Sœur Emmanuelle tutoyait tout le monde – mais il y avait aussi et surtout une amplitude et une volubilité presque océaniques qui étaient mises au service d’un idéal de compassion dont l’objectif était de défendre la cause des enfants, ces êtres les plus démunis parmi les pauvres qu’elle fréquentait dans les bidonvilles du Caire.

Même lorsqu’elle aura quitté l’Egypte et se sera installée en 1993 dans la maison de retraite pour religieuses de Callian (dans le Var) elle n’en continuera pas moins de donner des conférences ainsi que des entretiens télévisés tout en se consacrant à l’écriture (autre facette de Koré en Maison III) pour rédiger une œuvre pleine d’authenticité et de sagesse.

Mais surtout n’oublions pas que Sœur Emmanuelle n’a jamais cessé, pendant toute sa vie, de faire œuvre de pédagogue et d’éducatrice (attribution de la Maison V) auprès de tout ceux, petits et grands, qu’elle côtoyait.

On connaît l’anecdote. Un jour de 1974, un visiteur qui cherchait à rencontrer Sœur Emmanuelle traverse le bidonville en distribuant des bonbons à des enfants lorsqu’il voit arriver une petite femme, furieuse – Sœur Emmanuelle, bien entendu – qui lui lance : « Voilà trois ans que j’essaye d’en faire des hommes et toi, en trois minutes, tu les transforme en mendiants. Si tu veux faire quelque chose, joue au foot avec eux. »


Dans un tout autre registre, j’aimerais maintenant aborder le thème d’une autre grande personnalité qui s’est éteinte le 30 octobre dernier, je veux parler de l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, né le 20 novembre 1908 à 1 heure à Bruxelles.

Chez Claude Lévi-Strauss, Koré, qui est rétrograde, se situe à 23°12 du signe des Poissons, dans la Maison VI et dispose de la Maison IX dont la cuspide est dans le signe du Taureau. On peut donc déjà supposer qu’il existera une connexion forte entre la Maison VI et la Maison IX grâce à l’investissement énergétique de Koré dans le champ d’expression de la Maison VI (c’est-à-dire les occupations, les tâches répétitives et le travail au quotidien, etc.) afin de satisfaire tout ce qui est ressenti comme aspirations, demandes et besoins vitaux de la Maison IX (c’est-à-dire l’étranger, les voyages, les études supérieures, les milieux universitaires, etc.).

Jeune agrégé de philosophie à 23 ans, il commence à enseigner cette discipline en 1932. Mais l’ennui le gagne très vite (sans doute un effet de la rétrogradation de Koré) et le besoin qu’il éprouve alors de connaître, comme il le dit, « l'expérience vécue des sociétés indigènes » l’emporte. Il part donc en 1935 pour São Paulo (au Brésil) où il enseignera pendant trois ans tout en menant ses premières enquêtes ethnologiques sur le terrain auprès de certaines peuplades indiennes du Brésil dont il observe les coutumes et les rites.

On peut considérer ce séjour au Brésil comme une période inaugurale dans l’existence de Claude Lévi-Strauss puisque toute son œuvre future en proviendra. L’important pour notre propos est de constater que chaque étape du parcours académique de Claude Lévi-Strauss met en lumière cette relation étroite et privilégiée entre le travail de recherche au jour le jour (Maison VI, avec l’envergure que lui confère la position de Koré dans le signe des Poissons) et la quête du Sens à propos de l’esprit humain dont il déchiffrait les structures et qui lui permettait d’affirmer, à la fois, la diversité et l’universalité de la nature humaine (Maison IX)

C’est ainsi que, de 1942 à 1948, il enseigne l’ethnologie à l’Ecole libre des hautes études de New-York, que, dès 1950, il est nommé professeur d'anthropologie à l’école pratique des hautes études de Paris et que, de 1959 à 1982, il présente les résultats de ses recherches les plus avancées comme professeur d’anthropologie sociale au Collège de France.


Enfin, je traiterai de la position de Koré dans le thème de quelqu’un que vous connaissez bien puisqu’il s’agit de Nicolas Sarkozy, président de la République.

Dans le thème de Nicolas Sarkozy, Koré se situe à 7°29 du signe du Taureau, c’est-à-dire qu’elle est dans son domicile et que son énergie s’en trouve renforcée. Mais elle est placée dans la Maison VIII qui est un lieu d’exil pour elle, ce qui signifie qu’elle sera amenée à s’exprimer dans des situations particulièrement embrouillées qui aiment à jouer la rupture avec les anciennes habitudes. Enfin Koré dispose de la Maison IX qui a sa cuspide dans le signe du Taureau.

On peut donc dire que, chez Nicolas Sarkozy, Koré opère comme énergie de captation, d’acquisition et d’appropriation avec les modalités de comportement propres au signe du Taureau (c’est-à-dire persévérance, répétition des situations, sens de l’économie, recherche de l’efficacité, etc.) dans le champ d’expression de la Maison VIII (c’est-à-dire les biens et valeurs du conjoint, les situations de crise, l’argent public, le monde des « affaires », la sexualité, etc.) afin de satisfaire tout ce qui est ressenti comme besoins vitaux de la Maison IX (c’est-à-dire les voyages, les relations avec l’étranger, le contact ou la communication avec le lointain, etc.).

En fait, il existe une connexion telle entre la Maison VIII et la Maison IX du thème que ce qui est ressenti comme besoin vital de Maison IX suscite spontanément un engagement actif de Koré dans une situation de Maison VIII et que, réciproquement, tout investissement énergétique de Koré dans la Maison VIII débouche inévitablement sur une situation de Maison IX, comme si la Maison VIII et la Maison IX du thème se conditionnaient mutuellement.


Je n’insisterai pas, outre mesure, sur la situation qui est celle de Nicolas Sarkozy par rapport à ses trois épouses successives car il est évident que le schéma dynamique que je viens d’esquisser y est présent dans les trois cas avec, d’une part, les biens et la fortune des familles des conjointes (Maison VIII) et, d’autre part, l’origine plus ou moins marquée du sceau de l’étranger de ces dames (Maison IX).

Parmi les nombreux exemples possibles du fonctionnement de Koré dans le thème de Nicolas Sarkozy, je me contenterai d'en citer trois.


  1. Dès son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy s’est impliqué personnellement dans la libération, par la Libye, en juillet 2007, des cinq infirmières bulgares accusées à tort d’avoir inoculé à des enfants le virus du sida. Cette situation dramatique qui durait depuis huit ans a pu trouver un dénouement heureux grâce aux deux visites de l’ex-épouse du Président, Cécilia, à Tripoli. Peu après la libération des infirmières bulgares, Nicolas Sarkozy a tenu, à l’Elysée, une conférence de presse au cours de laquelle il a précisé que, désormais, la France pouvait rétablir des relations officielles avec la Libye afin de négocier avec ce pays accords et contrats.


  1. Nicolas Sarkozy s’est rendu à Brasilia, le 7 septembre 2009, en tant qu’invité d’honneur de la Fête nationale brésilienne. A cette occasion, le président brésilien Lula da Silva a annoncé la décision de son pays de négocier avec le groupe Dassault Aviation, l’acquisition de 36 avions de combat Rafale. La France, de son côté, s’est engagé à procéder à des transferts de technologie permettant au Brésil d’assembler des Rafale pour les vendre en Amérique latine. Le montant du contrat Rafale serait estimé entre 4 et 5 milliards d’euros.



  1. En visite au Kazakhstan en octobre 2009, Nicolas Sarkozy a formulé sa nouvelle stratégie des partenariats privilégiés avec des pays émergents. Selon ses propres termes : « Il faut être dans cette région du monde, comme je suis persuadé qu’il faut être dans le Golfe, […] qu’il faut reprendre position en Amérique latine, avec des pays qui sont des têtes de ponts […] et avec lesquels la France construira des partenariats du XXI° siècle ». Dans cette stratégie globale, le partenariat idéal est celui qui s’esquisse avec le Brésil dont on vient de voir, avec l’exemple précédent, les premiers effets. Dans le Golfe, Nicolas Sarkozy a choisi les Emirats arabes où s’est implanté, depuis longtemps, la société Total et où a été installée, en 2008, une base militaire française. Avec le Kazakhstan, la France peut avoir accès aux hydrocarbures et à l’uranium et, en contrepartie, elle aide ce pays à développer son industrie spatiale et à consolider son rôle politique dans la région.


Comme on le voit, la position de Koré, dans le thème de Nicolas Sarkozy, rend compte avec précision d’une grande partie de l’activité politique du président de la République au plan international.


Un dernier mot à ce propos : comme dans le thème, Koré se trouve en carré étroit au Soleil situé en Verseau et en Maison V, les initiatives de Nicolas Sarkozy risquent de susciter des polémiques qui peuvent l’atteindre personnellement, comme ce fut le cas avec le tollé soulevé par la réception à Paris du colonel Kadhafi quelque temps après la libération, par la Libye, des infirmières bulgares.

De la même façon, ces initiatives du président de la République risquent de ne pas être toujours suivies du succès escompté comme on a pu le voir, à la fin de l’année 2009, avec le revers subi par le consortium EDF, GDF Areva qui n’a pas pu obtenir la construction, tant convoitée par la France, de quatre centrales nucléaires sur le territoire des Emirats arabes unis malgré la politique annoncée de partenariat privilégiée avec ces derniers.


Ma conclusion sera brève.

Avec Koré, la dixième planète, nous avons désormais les douze instances planétaires (en comptant les deux luminaires) qui permettent à chacun des douze triplets astrologiques d’avoir sa planète propre jouant le rôle de principe actif pour toutes les opérations qui prennent place dans ce triplet particulier.

Avec la prise en compte de Koré en tant que planète ayant maîtrise sur le signe du Taureau, le zodiaque astrologique, comme archétype, est désormais complet, équilibré et parfaitement cohérent. Et il répond aux attentes de l’esprit humain puisqu’il satisfait, tout à la fois, son désir d’efficacité, son souci de clarté et son sens d’une harmonie sous-jacente au cosmos tout entier.

 

 

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Mireille Petit © - Tous droits réservés - 2009